ACTUALITÉS DE LA CAVE


Plongée au cœur des vendanges

Trois petits jours

02/11/2018

La brume se lève sur les montagnes de la vallée de Baigorri.

 

La journée promet d’être longue et chaude.

 

Après le café qui réchauffe les premières lueurs du jour, 27 âmes se mettent en mouvement, munies de leurs sécateurs, vers les 7 hectares de vignes : le Tannat, le Cabernet Franc et le Cabernet Sauvignon les attendent.

 

A Irouléguy, on ne récolte le raisin qu’à la main, notamment à cause des terrains trop escarpés.

 

Et aujourd’hui, c’est la dernière des trois longues journées de vendanges. De celles où l’on s’arrête peu à part pour s’hydrater, de celles où il faut avancer car les délais sont serrés. Il faut que toute la production soit rentrée d’ici ce soir. Trois journées, cela peut paraître long mais lorsqu’on y regarde de plus près, c’est très court pour rentrer une année de production, soit à peu près 4 tonnes de raisin.

 

Il n’y a donc pas de temps à perdre. Les corps et les cœurs sont prêts à en découdre : se pencher, couper avec précision, peut-être même se blesser, être vigilant pour n’oublier aucune grappe de raisin, avoir chaud sûrement, ne jamais se plaindre.

 

Etre là.

 

Etre présent pour aider le vigneron à rentrer le travail d’une année, celui qui rythme sa vie, jour après jour, mois après mois. L’aider car la récolte ne sera sûrement pas aussi bonne que l’année précédente. Cette année la floraison ne s’est pas bien passée et la véraison a été tardive. Pour d’autres, ce fut les conséquences de la grêle qu’il a fallu enrayer grâce à l’argile. Mais pour tous, le temps n’a pas été clément et la pluie en abondance a été une calamité.

 

Mais être là.

 

Faire le travail avec une bonne humeur incroyable même quand on est fatigué. Chanter des chansons d’Annie Cordy ou des vieux tubes des années 80, blaguer, s’extasier sur une grappe de raisin magnifique, discuter avec entrain, en français ou en basque, peu importe, on s’en moque, tout se mélange. Et couper, couper toujours, avancer sur ces rangs de vignes qui n’en finissent plus.

 

Il faut la voir la rapidité et l’habileté des vendangeurs. Il y a les habitués, les saisonniers, ceux qui sillonnent les régions viticoles de France afin de participer à toutes les vendanges mais aussi ceux qui viennent pour quelques heures, aider à leur mesure. Et puis les vendanges, c’est aussi une affaire de copains et de famille : père, mère, voisins, vignerons adhérents ou non de La Cave d’Irouléguy, tout le monde se mobilise.

 

Prendre sa grappe (ou ses grappes pour les plus habiles) délicatement dans sa main, couper et mettre dans son bac. Celui que l’on traîne ou que l’on porte tout au long de sa rangée. Crier, héler lorsque l’on en a plus car on ne peut pas se permettre d’arrêter maintenant.

 

Et le ballet des tracteurs amenant sans cesse les bacs vides et chargeant les pleins afin de pouvoir les amener rapidement à la coopérative.

 

A la Cave d’Irouléguy, c’est une autre chorégraphie. Car ce n’est pas une production qui est attendue ce jour. Sur 2 semaines, ce sont les productions plus ou moins grandes des 39 adhérents qui doivent être rentrées en cuve. Alors tout le monde met la main à la pâte, même ceux dont ce n’est pas le métier, et vient aider à réceptionner, contrôler et diriger les vignerons vers l’endroit où leur raisin sera déposé, analysé et vinifié pour obtenir les crus en rouge, en rosé et en blanc dignes de l’AOC.

 

Et puis voilà, c’est fini. Trois jours. Seulement trois petits jours clôturant le travail sans relâche d’une année. Une année dure où il a fallu se battre. Une année où il y aura peut-être moins de raisin, mais un raisin excellent, avec du caractère, qui fera d’excellents vins.

 

Puis le vigneron s’en va. Il retourne chez lui. Il va fêter ça. Se reposer aussi. Un peu.

 

Et puis recommencer. Car il faut désormais tailler les vignes pour qu’elle puisse repartir et donner les fruits de l’année prochaine.

 

Une nouvelle journée commence et la brume se lève sur les montagnes de la vallée de Baïgorri.


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